Category: Textes

Oct142009

Le mariage!

En fin de semaine, je suis allée chez mes parents et j’en ai profité pour faire imprimer mes faire-parts et mes carton-réponses avec l’imprimante de mon papa qui est mille fois mieux que la mienne! Je suis assez fière de moi! J’ai fait le design et le texte moi-même et ça nous ressemble beaucoup, à Éric et à moi! Bien sûr, j’ai eu l’aide de mes parents et de mon chéri qui n’ont pas arrêté de me dire “ça serait mieux si tu écrivais…”. Malgré mes grognements, j’ai cédé à la plupart de leurs recommandations et j’en suis très contente!

En plus, avec mes parents, nous sommes allés dans une boutique à Chicoutimi, Beau Bonhomme et Dulcinée. Ma mère m’avait dit qu’il y avait de jolis bijoux et des robes que je pourrais voir et essayer… Je suis tombée en amour cet après-midi là avec ma première robe!!! Une robe superbe, blanche, faite de soie et de dentelles. Évidemment, je l’ai achetée. Avec un peigne pour les cheveux, un collier, un bracelet, des boucles d’oreille et une cape. Quand je me suis vue dans le miroir, toute habillée, je me suis trouvée belle…et je crois qu’Éric sera d’accord! Je l’imagine déjà avec ses yeux brillants, le jour du mariage! Je ne sais pas s’il tiendra le coup. :P

Tout ça pour dire que je suis heureuse et que j’ai passé une très belle fin de semaine. Tout le monde a été si gentil et si attentionné! Je suis heureuse!

Sep292009

Le passé de Moera (partie 3) - Fin

Christophe se leva très tôt un jour, fit habiller l’adolescente dont il s’occupait et l’entraîna avec lui en mission. Cette dernière, émerveillée et excitée à l’idée de rencontrer des dangers, marchait à grands pas derrière son tuteur. Vêtue d’une cape grise et large, elle se confondait facilement avec les ombres des arbres. Ses grandes oreilles tendues vers ce qui l’attendait, elle ne se doutait pas que chacun des pas qu’elle faisait la menait un peu plus vers un drame qui la marquerait toujours.

- Dis Christophe, où est-ce qu’on va?

- Tout près d’Azkanaes, dit-il dans un souffle et sans se retourner. Il y a là-bas une créature qui tue tout ce qui se trouve sur son passage. Elle ne devrait pas se trouver là.

- Alors pourquoi est-elle là, demanda innocemment l’enfant?

- Les druides ont le pouvoir d’invoquer des compagnons, à un certain âge, je te l’ai déjà dit, n’est-ce pas?

- Oui.

Elle se plia pour éviter une branche.

- Certains pays n’aiment pas les druides. Cependant, ils les acceptent parfois, en échange de bons services. Azkanaes est dirigé par un tyran qui a soif de pouvoir… Il a demandé aux druides qui lui sont subordonnés d’invoquer un monstre, ce qu’ils ont fait, même si cette pratique est interdite par le code druidique.

- Je vois. Alors ce monstre, c’est ce que tu dois trouver?

- Ce que je dois tuer, corrigea-t-il en prenant la main de la jeune fille.

- Mais ne doit-on pas respecter la vie, objecta la demi-elfe?

- Quand elle respecte le cycle de la nature, oui. Quand une créature démoniaque est appelée sur terre, elle n’est pas où elle devrait être. Parfois, cela ne change rien. La créature peut vivre en harmonie avec ce qui l’entoure. Dans ce cas, nous n’intervenons pas.

- Mais si elle détruit tout, il faut qu’elle soit détruite, n’est-ce pas?

Moera le regardait avec ses grands yeux bruns, l’air curieuse. Il hocha la tête. Oui, c’était cela. Il continua à marcher et elle le suivit. Ils marchèrent ainsi plusieurs jours. Christophe montra à sa protégée l’art de chasser et de pêcher. Il lui apprit aussi à former le bois avec ses mains et des instruments qu’il lui donna. Quand ils furent près des territoires qu’ils leur fallaient pénétrer, l’adolescente avait la peau basanée, le visage couvert d’égratignures et les bras durs et forts. Elle avait appris à se battre et à survivre. Tout à coup, elle se sentait plus femme que petite fille. Christophe la regarda et sourit :

- Tu n’es pas encore adulte, Moera. Il te faudra encore apprendre beaucoup de choses avant d’y arriver. Mais je suis fier de toi.

- Merci.

Elle sourit, même si elle aurait voulu protester. Elle n’était pas aussi jeune qu’il le pensait! Elle était capable de beaucoup de choses, il devait le savoir! D’ailleurs, n’utilisait-elle pas la magie, un peu, déjà?

- Un druide sait la contrôler, dit Christophe, comme s’il avait entendu ce qu’elle pensait. Ta magie est forte, mais elle est immature. Tu ne la contrôles pas.

Elle eut une moue, mais fut bien obligée d’avouer qu’il avait raison. Ils continuèrent leur marche ainsi, évitant la plupart des dangers. Christophe veillait la nuit et le manque de sommeil se faisait sentir. Il n’avait pas le cœur de laisser Moera découvrir les inconvénients de la nuit. À bout de force cependant, il fut obligé de demander à la jeune fille de faire la garde pour qu’il puisse dormir. Il était dix heures et il savait qu’il dormirait bientôt. Il réveilla l’enfant qui grogna, écouta les explications de son maître, puis sourit. Moera ne connaissait pas la peur. Pas encore. Accompagnée de son protecteur, elle ne risquait pratiquement rien et les batailles n’étaient que des entraînements de routine.

C’est ainsi que Moera garda le campement cinq heures entières, soit jusqu’à ce que Christophe ait suffisamment récupéré pour prendre la relève. Or, l’ironie du sort voulut que ce fut ce jour-là qu’ils trouvèrent la créature qu’ils avaient tant cherchée. L’osyluth repéra la jeune fille en premier. Ne pensant à rien d’autre qu’à détruire, il se jeta sur Moera qui roula sur le sol en hurlant. Il était trois heures du matin. Christophe ouvrit les yeux, releva sa couverture et sortit aussitôt. Avec horreur, il découvrir l’osyluth sur l’enfant qu’il protégeait. Cette dernière, les bras tendus, tentait de repousser le démon qui l’attaquait. De toutes ses forces, elle tenta de mordre. Le monstre ne broncha pas. La nuit faisait jouer des ombres sur les deux corps qui valsaient sur le sol. Christophe, le front couvert de sueur, se demandait comment mettre l’enfant à l’abri. Sans réfléchir, il prononça le sort de mort.

- Doigt de mort!

La créature se tourna vers son agresseur, un sourire cynique sur le visage. Christophe comprit que ce sort n’avait pas d’emprise sur les créatures noires : l’osyluth était déjà mort. Les griffes tordues s’appliquèrent à déchirer le vêtement de Moera qui hurla. Le sang imbibait le tissu taché par la terre. Ses cheveux hirsutes serpentaient sur le sol autour du visage blême et apeuré.

- Tu vas la lâcher, hurla Christophe en se jetant sur la créature!

Il l’agrippa par derrière, tira sur les épaules, si fort que la créature dut céder, faire demi-tour et foncer sur celui qui l’agressait.

- Froid rampant suprême, insinue toi sous la carcasse de ce démon, commença à psalmodier le druide. Que la volonté d’Obad Hai me fasse triompher de cette créature qui ose s’attaquer à deux de ses serviteurs!

L’osyluth accusa le coup en grognant, mais résistant, saisit le corps de l’humain qui n’était pour lui qu’une marionnette, puis le renvoya loin de lui. Aussitôt, il se retourna pour continuer la torture de l’enfant. Christophe se releva aussitôt pour l’arrêter.

- J’en appelle à la nature pour qu’elle abatte ce démon, qu’elle laisse tomber sur lui ses nuées de foudre!

L’osyluth le fixa de son regard noir. Il savait qu’il allait mourir. Ses forces déjà entamées n’étaient pas infinies. Un sourire vicieux sur les lèvres, il dit d’une voix grinçante :

- Je ne voulais que la fille. Je me contenterai de toi, druide…

Il s’avança, reçut un éclair, hurla. Un de ses bras venait d’être sectionné sur le coup.

- Que disais-tu, humain, demanda l’osyluth en ricanant? Ah oui… Je m’en souviens, car moi aussi j’étais un druide, tout comme toi! Doigt de mort!

Les yeux de Christophe s’écarquillèrent. La créature qu’il avait pourchassée avait été un druide? Ce n’était pas une créature invoquée? Il eut à peine le temps de songer à ce que cela signifiait. Une nuée d’éclairs s’abattirent sur le démon qui s’affaissa lourdement. L’odeur de la chair brûlée emplissait l’air.

Moera, tremblante, se jeta sur son compagnon de route.

- Christophe!… Pourquoi es-tu sur le sol?

- Moera…

La jeune fille rassembla ses mains en un mouvement de prière qu’elle avait appris. Une lueur apaisante illumina ses paumes. Elle les posa sur la peau froide et dure de son maître.

- Moera… Tu seras très bonnne…

- Oui, et vous le verrez, maître, murmura Moera en retenant ses pleurs. Vous le verrez, quand je passerai les tests de l’ordre.

Christophe secoua la tête.

- Non. Je meurs et tu le sais.

- Ce n’est pas vrai, je peux vous ramener à la vie, protesta la jeune fille en essayant de se souvenir des mots que son protecteur avait déjà employé. Il suffit que je me souvienne de la formule..!

- Tu es trop jeune, répondit Christophe. Moera, tais-toi et écoute-moi. Tu seras seule un moment, mais je reviendrai pour te protéger, car Obad-Hai le veut ainsi. Je ne sais pas quand nous nous retrouverons, mais à ce moment, tu le sauras. Je me nommerai Toboe.

Moera secoua la tête. Ça n’avait pas de sens. Pourquoi devait-il mourir? Elle voulut lui crier qu’il délirait, mais elle sentit la chaleur rassurante sur ses paumes se dissiper. Il était mort. Sa magie ne pouvait plus l’aider. Son regard effleura le corps sans vie et elle pleura. Au loin, le cri des loups semblait pleurer la mort de quelqu’un d’aimé. La jeune fille était trop petite pour creuser le sol et elle ne connaissait pas les sorts pour le faire. À regret, même si c’était ainsi que le voulait la coutume des druides, elle prit une branche morte, la plongea dans les cendres incandescentes du feu que Christophe avait allumé, puis la posa, irradiante, sur le torse de son protecteur. Elle recula de quelques pas, puis pria. Elle pria toute la nuit au pied du corps qui, dès que l’aube apparut, s’évapora en milliers d’étincelles. C’était ainsi que disparaissaient les druides. Ils redonnaient leur énergie à la nature.

C’est ainsi que commencèrent les épreuves de la demi-elfe. Dans l’aube claire, deux yeux l’observaient en hochant la tête. Elle pouvait enfin commencer sa formation. L’elfe caressa sa barbe, murmura à l’animal qui l’accompagnait :

- Peut-être que je me trompe, mais elle sera un atout extraordinaire pour notre communauté.

Il voulut aller la chercher, mais l’animal lui mordit un pan de sa cape.

- Es-tu sûr, loup?

L’animal eût l’air d’acquiescer. Il frotta son museau sur la jambe de son maître, qui parut comprendre quelque chose, comme si des mots avaient été prononcés.

- Je vois. Tu penses que les elfes la recueilleront. Tu as raison. Dans ce village, il y en a d’autres qui seront maudits… Peut-être qu’avec eux, quelque chose arrivera…

Il jeta un dernier coup d’œil à la jeune fille qui s’éloignait, son bagage sur le dos. Les longs cheveux bruns de la demi-elfe ondulaient sur son dos et sa cape virevoltait autour d’elle tandis que ses oreilles hérissés vers le ciel semblait dire, triomphante : je vainquerai.

Aug292009

Le passé de Moera (partie 2)

Moera démontra de grandes aptitudes au métier de druide. Bien qu’elle fut plus avancée en savoir que bien des anciens, car elle apprenait plus vite et mieux que n’importe qui, son expérience pratique, elle, laissait à désirer. C’est en tout cas ce que l’Aîné déplora en voyant comment Christophe s’était débrouillé pour toujours laisser la petite lors de ses missions les plus dangereuses.

- Elle croit qu’il n’existe que des oiseaux, que des loups bons, que des ours au coeur de miel alors que c’est loin d’être le cas. Que fera-t-elle lorsqu’elle sera confrontée au mal, Christophe?

Le père adoptif baissa la tête, puis la releva aussitôt en répondant vivement qu’il veillerait à ce qu’elle connaisse ce côté de la nature lorsqu’elle serait assez grande.

- Il sera trop tard. Tu l’amèneras aujourd’hui.

- Je ne peux pas!

- Alors elle mourra!

L’ancien qui paraissait ne plus avoir la moindre agilité se releva d’un coup, sortit de sa tente et se dirigea d’un pied ferme et rapide vers la petite fille qu’il avait aperçu dès qu’il avait mis le pied dehors. Derrière lui, il entendait Christophe haleter. Il voulait l’empêcher de tuer sa fille.  Mais il était trop tard, il avait refusé l’utimatum du plus sage des druides. Il avait fait affront à toute la communauté en élevant une fille dont il avait appris tous les secrets druidiques exceptés ceux les plus noirs. Or, la connaissance ne pouvait être choisie. Elle devait être acceptée telle qu’elle était. Alors ses lèvres asséchées par le sable et le vent prononcèrent ces mots maudits :

- Doigt de mort!

- Je te l’interdis!

Christophe, les yeux agrandis par la terreur, se tenait à quelques pas de l’Aîné. Devant ses yeux, il vit sa fille menacée par les cieux qui se drapaient de la Mort. Essoufflé, il lança néanmoins le contresort, espérant un miracle, espérant que ses pouvoirs seraient plus rapides à se manifester que ceux de son adversaire.

Son souhait ne fut pas exaucé. Une fumée noire émanait de Moera qui, à genoux, hurlait de douleur. Mais ce n’était pas le sort de mort qui causait ce mal. Christophe le réalisa en trouvant la source de l’aura noire. Elle émanait de la petite! Le sort de l’Aîné fut repoussé brutalement, tout comme celui de Christophe. Dans les cieux, ils se heurtèrent, explosant en milliers de flammèches, illuminant le ciel devenu noir.

- Que se passe-t-il?

Une voix venue des entrailles de la terre leur répondit :

- Elle ne sera pas tuée avant que son heure soit venue. Telle est la volonté de celui qui l’a maudite.

Une main immense, diaphane et grise serrait maintenant la jeune fille qui pleurait à genoux. Alors, l’Aîné sut qui était la personne qui contrôlait le destin de Moera et il mesura toute la douleur qui parcourerait le destin de la demoiselle et de ses futurs compagnons. Un instant, le voile du temps se leva et il les aperçut : des maudits eux aussi.

- Que la mort, la haine et le mal soient bannis de ces terres.  Que le bien triomphant d’Obad-Hai couvre l’endroit qui porte l’enfant.

Christophe comprit que l’aîné voulait sauver Moera. Alors il plasmodia les paroles lui aussi :

- Que la mort, la haine et le mal soient bannis de ces terres. Que le bien triomphant d’Obad-Hai couvre l’endroit qui porte l’enfant.

La nuée noire se rétracta. Un hurlement transperça le silence assommant qui s’était installé sur la plaine. Puis tout redevint exactement comme il avait été avant. Le ciel bleu s’étendait à perte de vue, les nuages étaient blancs, purs comme aux premiers jours. La jeune fille d’à peine dix ans s’effondra sans un mot. Christophe courut vers elle, inquiet. Aussitôt, il lui prodigua les soins dont elle avait besoin. Il tourna alors son visage vers le vieillard qui avait accepté de sauver Moera.

- J’accepte de la former et de lui montrer tout ce que vous m’ordonnerez de lui montrer, lança-t-il dans un souffle. Je l’emmènerai avec moi dès demain. L’enfer a déjà trop d’emprise sur notre monde. Il est temps de freiner le démon que les druides d’Azkanaes ont attirés. Il détruit la nature et la faune de notre région, il faut le faire cesser. Moera m’accompagnera.

- En es-tu sûr, Christophe?  Sauras-tu la protéger et détruire l’Osyluth?

- J’essaierai.

Il tourna son regard vers le visage angélique. Les mèches brunes de l’enfant s’enroulaient sur ses doigts.

- J’essaierai…

Et en son fort intérieur, il pria que l’enfant ait le pouvoir de supporter la vision d’horreur qu’il allait lui apporter.

Aug212009

Le passé de Moera (partie 1)

Il y une vingtaine d’années déjà, 27 plus exactement, naissait une petite créature mi-elfe, mi-humaine. Sa mère, une elfe, était tombée amoureuse d’un passant, un barde. Sa voix envoûtante, son regard ambré avait eu l’effet d’un coup de foudre sur l’elfe qui venait à peine d’atteindre sa maturité. Sur la pointe des pieds, elle avait accompagné l’homme sur les rives de l’Onyx où il lui avait promis son coeur et sa vie en échange d’un baiser et de son amour.

De cette union, on n’en sait pas davantage. La demi-elfe qui avait à peine quelques semaines criait à la lune lorsqu’un druide la prit avec lui et l’amena parmi les siens. Il la tint habrité sous ses hardes, car il savait que jamais l’on acceptait d’élever de si jeunes enfants. Un druide devait être libre de remplir les missions que lui confiait son ordre et son dieu. Mais justement, l’humain s’était laissé dire par la lune que cette petite créature était promise à un grand destin. N’était-ce pas la nature qui lui avait révélé le visage de l’enfant?

- Allons, allons, ne pleure pas, silence, petite demi-elfe.

Elle se tut, ferma les yeux et ses lèvres se retroussèrent en un sourire confiant. Il ne pourrait pas la trahir. Le lendemain, devant ses frères, il exposa son trouble à l’idée de laisser une créature si chétive seule, au coeur de la forêt.

- Et puis, si la nature l’a laissé vivre, peut-être saura-t-elle devenir une druide accomplie?

- Tu es fou Christophe. Comment comptes-tu servir la communauté si tu es encombrée d’un enfant, d’une fille demi-elfe qui plus est!

- Je me débrouillerai. Vous n’aurez jamais à vous occuper d’elle!  Si jamais je faillis à ma tâche, je démissionnerai. Vous pourrez effacer ma mémoire, me tuer si vous le jugez bon, mais je veux essayer. Je dois essayer.

L’Aîné se leva, contempla l’enfant, puis la résolution sans faille de l’homme qui lui faisait face. Dans les astres, il avait vu qu’un changement viendrait bouleverser leur ordre. Jamais il n’avait imaginé que ce put être par l’intermédiaire d’un nouveau-né. Il s’approcha lentement de l’enfant, faisant bruisser sa robe sur l’herbe qui ne s’applatissait pourtant pas sous ses pas. Il tendit sa main parcheminée vers la couverture en lin qui cachait l’enfant, la souleva, toucha doucement le cou satiné qu’il venait de découvrir. Une sensation désagréable lui parcourut l’épine dorsale.

“Elle est maudite.”

Il garda ce fait pour lui.

“Et pourtant je sens un amour qui la protège. Cette odeur…”

Il se pencha près de l’enfant et n’y trouva pas l’odeur du nouveau-né. La peau douce et blanche se confondait parfaitement avec les herbes qui lui servait de berceau.

“Obad-Hai lui a donné la même odeur que les arbres et les herbes…”

Il soupira. Il ne pouvait rejeter un enfant protégé d’Obad-Hai. Même si ce même enfant était maudit. La demi-elfe lui sourit tandis qu’il se relevait. Les petites mains se tendirent vers lui.  Ou plutôt il crut qu’elles se tendaient vers lui, mais un oiseau vint se percher sur les doigts tendus et il dut rendre les armes.

- La demi-elfe sait déjà appeler des compagnons. Elle sera élevée par Christophe qui sera pour elle son père. En aucun cas elle ne devra quitter la communauté avant son entrée dans notre congrégation. Elle devra devenir druide, ou elle sera tuée. Tu comprends, Christophe?

- Oui, je devrai la former afin qu’elle devienne druide.

- Si son coeur se détourne de la nature, alors nous la renverrons d’où elle vient. Autre part, elle se ferait tuer. Elle porte en elle un secret ancien qui la condamne à mort, mais je sens un espoir. Fais ton travail Christophe. éduque-la. Enseigne-lui notre langue et nos secrets, de même que notre foi en Obad-Hai. Car c’est lui et lui seul qui a voulu qu’elle vive.

Christophe salua l’Aîné et se pencha pour prendre la jeune fille qui babillait joyeusement en direction de l’oiseau qui sautillait près d’elle.

- Bienvenue, Moera, murmura-t-il en la serrant contre lui.

C’est ainsi que fut nommée la demi-elfe, fille de l’humain Thurin et de l’elfe Lanaël le jour où elle fut recueillie par les druides du Nord.

May172009

Les petites aventures de Garouk et Athéna épisode 1

Garouk et Athéna étaient suprise. Nous étions un beau dimanche après-midi d’avril et Émilie était couchée sur le lit.  Seule. Garouk se rapprocha tout doucement de sa maîtresse sur le lit, avec précaution.  Comme à son habitude, la petite chatte roula sur le lit en ronronnant.

- Ça va Émilie?

Émilie lui tapota la tête en lui disant qu’elle était une belle minoune.

- Tu vois, elle ne dort pas, elle est juste malade un peu, dit Garouk en se couchant tout près d’Émilie.

- Tu ne penses pas que tu devrais la laisser respirer, marmonna Athéna en accrochant ses pattes de devant sur le lit et en s’étirant?

- Mais je l’aimeeeeeeeeee, répliqua Garouk en se roulant et en tombant du ventre d’Émilie sur lequel elle s’était couchée.

- Mais elle est malade, marmonna Athéna en s’éloignant.  Je t’avertis, tu vas te faire tirer en bas du lit!

- Mais non, elle m’aime aussi, répondit Garouk en roucoulant et en essayant de grimper sur Émilie pour une deuxième fois.

Émilie rit et dit tout bas :

- T’es tannante Garouk.

Garouk roula, flattée par le compliment (car oui, Émilie lui disait cela en souriant) et retomba sur le lit, près de sa maîtresse. Elle resta près du corps assoupi de sa maîtresse qui avait glissé dans les bras de Morphée sans bouger, ou presque.  Sauf qu’à un moment, prise d’un élan d’amour et voulant à tout prix partager son intense ronronnement, elle tenta de grimper sur le ventre d’Émilie pour ensuite se diriger vers sa gorge ou elle posa sa tête tout doucement.

- GAROUK!! Je ne peux plus respirer, s’écria Émilie en se roulant sur le côté et en faisant tomber le chaton sur le côté du lit.

Tout près, Athéna couchée ouvrit les yeux et fixa sa soeur avec des étincelles amusées dans les yeux :

- Je te l’avais dit que tu te ferais tirer en bas du lit.  Tu es vraiment trop collante, Garouk!

- Ah la ferme, miss parfaite, marmonna le chat tout gris en s’éloignant, la queue et la tête haute.

Et Athéna de grimper sur le lit, tout près des pieds endormis de sa maîtresse d’un air satisfait.  Sa soeur ne serait plus là pour la déranger. Émilie et elle pourrait dormir tranquillement maintenant…

Dix minutes plus tard, Émilie se réveilla et s’étira. Ce fut Athéna qui reçut le coup et se retrouva sur le plancher. Garouk était près du lit, sur le sol et elle fixait sa soeur d’un air triomphant :

- On dirait bien que toi aussi tu te fais tirer en bas du lit, miss parfaite…

Athéna alla se jeter sur Garouk pendant qu’Émilie se réveillant tranquillement. Cette dernière saisit ses deux chats, un dans chaque main, et leur dit :

- Je vous aime mes minounes!!

Mar252009

Mon voisin est un katamari

Bon, les objets ne lui collent pas dessus comme un vrai katamari, mais il agit pareil.

En effet, je suis presque certaine qu’il déboule les marches plutôt que de les descendre, qu’il roule sur les murs et qu’il essaie de passer par-dessus les différents objets de sa maison sans les contourner.

Comment je sais ça?

Eh bien…le son que ça fait quand il descend les escaliers…ce n’est pas normal.  On dirait qu’il déboule ou qu’il roule.  Et puis parfois, la maison tremble et j’ai l’impression que quelqu’un en bas roule (non, il ne marche pas!) sur les murs avec plus ou moins de difficulté.  Alors je me suis penchée sur le fait que mon voisin ressemble au prince dans le jeu Katamari et j’en suis venue à la conclusion que c’était tout simplement lui!

Mar192009

L’autobus

Nos fidèles félins, Athéna et Garouk, sont à leur poste, près de la porte que leur chère maîtresse, Émilie, leur a laissé ouverte.  Athéna est debout et sur le point de franchir le pas de la porte.  Garouk, elle, semble hésitante.

- Athéna?

- Quoi?

- J’ai peur.

- De quoi?

- De dehors…

- Pourquoi?

- Bein il y a plein de sons inquiétants!

Et Athéna de s’esclaffer en franchissant finalement le pas de la porte.

- Tu es tellement peureuse, Garouk!  Tu as même peur des oiseaux que tu veux pourtant chasser quand t’es à l’intérieur de la maison!  Tu n’as aucune cohérence féline!

Plein de grâce, Athéna s’éloigne, la tête haute.  Émilie est assise sur la balançoire au soleil, tout près du grand arbre qui lui fait des dessins sur le visage et puis des oiseaux qui voltigent tout autour.

- Athéna, sussure Émilie, viens ma belle minoune!

Athéna s’avance.  Un peu plus loin, Garouk observe avec envie sa soeur.  Elle aimerait bien être dehors elle aussi, mais tous les sons lui font si peur…

- En plus il y a un monstre dehors, dit Garouk pour attirer l’attention.  Tu sais, tu ferais mieux de faire attention!

Athéna se tourne vers Garouk :

- Tu dis n’importe quoi.  Je n’ai peur de rien moi!

- Garouk, tu viens dehors, demande alors Émilie?

- Non…non, sans façon, répond spontanément Garouk. Je…j’aime mieux rester en-dedans!

Athéna ricane.  Émilie est déçue : elle voulait faire plaisir à ses deux chats en ouvrant la porte.

Tout à coup, le bruit soudain d’un moteur déchire l’air : un autobus.  Aussitôt, effrayée, Garouk s’éloigne de la porte et Athéna, contaminée par la panique peut-être, ou tout simplement aussi peureuse que sa soeur, retourne à l’intérieur à toute vitesse.

- Hahahaha! Madame qui n’a peur de rien s’est enfuie, crie Garouk remit de sa frayeur.

- Ferme-la, marmonne Athéna en sautant sur sa soeur.

- Non, jamais, ricane Garouk en la mordant.

Émilie entre dans la maison, voit ses deux minounes en train de se battre et s’esclaffe :

- Vous êtes trop mignonne mes deux petites peureuses!

DING DONG!

- AAAAAAAAAAAAHHHHH, hurle Émilie.

- Bonjours mes trois petites peureuses, s’exclame Éric en montrant fièrement le doigt avec lequel il a appuyé sur la sonnette.  Je suis de retour!

Mar42009

Liste de choses à faire par le corps d’Émilie

1. Ne pas attrapper un rhume.   Checked! Checked! Checked!

2. Ne pas attrapper une grippe.   Checked!

3. Ne pas attrapper une sinusite.    Checked!

4. Ne pas attrapper une bronchite.    Checked!

5. Ne pas trop réagir à la pénicillin vu qu’Émilie n’est pas encore au courant qu’elle est allergique.    Checked!

Bah, les virus ça trafiquent toujours les feuilles de tâches du corps!  Je suis encore sous antibiotique.  Sans pénicillin cette fois!

Mar22009

Quand personne ne dort!

- Émilie est encore réveillée!

Athéna lève son nez et, tout en baillant, demande :

- Qu’est-ce que ça fait?

- Je vais être obligée de dormir moins.

Garouk, tout en disant cela, s’éloigne dans la direction qu’Émilie a prise. Athéna saute à terre pour les rejoindres.  Leurs quatre pattes sur le plancher font un bruit si léger qu’on les entend à peine.

- Tu peux dormir la journée, réplique Athéna.  Et puis ce n’est pas comme si tu étais obligée de suivre Émilie ou d’aller la voir.

- Premièrement, je dors déjà la journée.  Je ne peux pas dormir plus!  Deuxièmement, je ne peux pas m’empêcher d’aller voir Émilie, je l’aime tellement!  Il faut absolument que j’aille ronronner à côté d’elle!

- Tu es trop dépendante, rit Athéna.

Et tout en disant cela, les deux chats suivent Émilie jusqu’au divan où elle prend place pour somnoler.

- L’insomnie, marmonne Émilie…

- C’est quoi de l’insomnie, Athéna, demande Garouk?

- C’est quand on ne dort pas parce que notre corps ne veut pas.

- Je fais donc de l’insomnie en ce moment, miaule Garouk, abasourdie par la révélation!  C’est ça l’explication…

- Tu te rendors déjà, constate la soeur en voyant Garouk se placer confortablement sur le divan, les yeux fermés.  Ce n’est pas cinq minutes qui vont faire de toi une insomniaque!

- Chut mes minounes, ordonne Émilie en secouant la tête et en caressant le cou de Garouk.  Papa dort!

C’est alors que la porte de la chambre s’ouvre.

- Ça va Émilie?

- Je ne dors pas…

-Moi non plus, marmonne Athéna.

- Moi je suis insomniaque, ronronne Garouk les yeux à moitié fermés.

Éric s’assied près d’Émilie pour lui flatter les cheveux et dans la pièce, tout à coup, on entend trois ronrons bien distincts qui peu à peu se transforment en sommeil…

Feb192009

La jeune fille qui contrôlait le monde

Elle construisait le monde avec ses mots.

Sauf qu’elle ne le savait pas.  Avec son sourire, avec sa moue, avec sa colère même, elle pouvait donner naissance au bonheur ou alors confirmer la tristesse, la propager même.  Aussi, plusieurs personnes l’entouraient afin qu’elle ne soit pas malheureuse.  Une seule larme d’elle pouvait noyer la population d’un pays entier.  Un seul regret, une seule condamnation pouvait faire plus de dégât que les milliers de déchets nucléaires enfouis dans le sol.

Un jour vint pourtant où plus personne ne suffisait à étouffer sa peine.  Le magicien Éli, la sorcière Samala et même ses parents, ses frères, ses soeurs, ses amis, tous étaient devenus inutiles, impuissants.  Ils réussissaient bien à la faire sourire de temps en temps, mais ses yeux devenaient de plus en plus vague, sa bouche de plus en plus rêveuse.  Une moue occupait son visage et les nuages flottaient dans le ciel plus souvent qu’autrement.

Ceux qui étaient au courant du pouvoir de la jeune fille furent inquiets.  Les autres ne crurent à rien, car il n’y avait ni culte ni espoir en ce monde et puis, c’était tout juste des nuages!  On ne s’inquiéta donc pas du changement subtil du ciel, de l’air, de l’atmosphère.

Un jour que l’amie de la jeune fille s’inquiétait plus que les autres jours, elle s’approcha d’elle, chose que personne n’osait faire de peur de froisser leur dieu, et lui demanda ce qu’elle avait.

La jeune fille soupira.

Une partie des feuilles d’un pays voisin s’envolèrent sous le coup d’une rafale surprise.  Les autorités se demandèrent comment il se faisait qu’un coup de vent aussi puissant se soit créé de rien.  La sorcière et le magicien savaient.  Ils étaient tous deux occupés à recueillir et à compiler les changements brutaux.

- Il y a, annonça finalement la jeune fille, que je ne suis rien.

- Ce n’est pas vrai, s’inquiéta l’amie en s’approchant et en jetant un peu partout des coups d’oeil inquiets.

Le ciel était devenu gris et semblait vouloir avaler tout ce que le monde contenait.

- Bien sûr que si, soupira la jeune fille.

Une ville au complet fut rasée.

- Non.  Ça ne me sert plus à rien d’exister.

Sur ces mots, la sorcière et le magicien apparurent.  Éli avait le visage troublé et sombre.  Samala semblait avoir acquis quelques cheveux gris, elle si jeune que même les nouveaux-nés lui enviaient sa beauté.  Ils firent signe à la jeune amie de partir, car, c’était évident, elle ne faisait rien de bon.  Dans peu de temps, la terre entière serait engloutie dans le néant du questionnement existentiel de la jeune fille.

- Élodie, murmura prudemment Samala.  J’aimerais savoir ce qui te trouble assez pour te faire penser ces absurdités.

- Ce n’est pas absurde, s’écria la jeune fille que l’on venait de nommer Élodie.  L’existence en elle-même est absurde!

Les arbres disparurent.  Les oiseaux se turent, car ils n’existaient plus. Chacune des espèces vivantes de la petite planète s’en allaient comme si elles n’avaient jamais existées.  Dans la brume opaque qui auparavant était le monde, il ne restait plus que Samala, Élodie, Éli et quelques autres rares humains.

- Je t’en prie, cria Éli plus fort qu’Élodie ne l’avait fait.  Cesse de penser ainsi ou alors ton existence n’aura vraiment plus de sens!  Tu fais disparaître le monde entier rien qu’avec cette pensée!

- Ce n’est pas moi qui fais cela, répondit la jeune fille effrayée.  Cette grisaille a toujours existée.

Mais le ton était chancellant.  Certains éléments, parfois, réapparaissaient puis disparaissaient à nouveau.  Éli avait compris une chose.  Jusqu’à maintenant, ils avaient eu tout faux.

- Tu es importante pour moi, murmura-t-il.

- Je te fais peur, c’est tout, répliqua la jeune fille.

- Jusqu’à maintenant oui, et je m’en excuse.  Mais aujourd’hui, peu importe ce que tu veux ou ce que tu dis, je suis avec toi.

- Et moi aussi, dit calmement Samala qui avait compris l’idiotie que tous avaient commises.  Alors ne t’en fais pas, tu ne seras pas seule , à moins que tu ne le décides.

Élodie eut un sourire.  Elle les croyait un peu.  Quelques arbres réapparurent.  Quelques êtres qui étaient disparus de sa mémoire, se mirent à revivre.

- Et maman, et papa?  Est-ce qu’ils penseront comme vous?

Le magicien et la sorcière s’apprêtèrent à répondre, mais deux voix qui ne formaient plus qu’une seule répondirent à leur place :

- Nous n’avons plus peur, car nous savons que c’est nous qui te donnait ce pouvoir, Élodie.  Tous ensemble, nous faisions ce que nous t’accusions de produire.  Toutes ces catastrophes, c’était nous…

Le ciel et la terre réapparurent.

- Nous craignions le pire pour tout sauf pour toi.

Élodie eut un vague sourire et le soleil revint enfin.

À partir de ce jour, plus rien d’inhabituel ne suivit les humeurs changeantes de la jeune fille.

Quant à Éli et Samala, ils continuèrent de faire de la magie, parce qu’ils savaient la contrôler.  D’ailleurs, ils composèrent un jour un sort qu’ils appelèrent l’arc-en-ciel et qui faisait sourire ceux qui savaient en trouver les trésors.  Parce que bien sûr, il n’y en avait pas qu’un.

Texte composé par moi en février 2009.