Archive for June 2007

Jun262007

Il est six heures du matin

Je me réveille, heureuse.  Je sais pourquoi.  La première chose qui m’est venue en tête, c’est Lui.  Je le vois aujourd’hui, nous avons rendez-vous ce soir.  Je tourne la tête vers le réveil.  Il est six heures.  Je suis en pleine forme.  Je pourrais me lever.  Si je dormais avec lui, il se lèverait.  Ou il serait lever.  En tout cas, je verrais son visage d’ange, quand il vient juste de se réveiller et son sourire, quand il me voit.  Mais ce n’est pas le cas.  Je me tourne.  Je souris.  J’entoure un oreiller de mes bras, je pose ma tête sur un autre et je ferme les yeux.  Dans ma tête, je lui souffle un je t’aime.  J’espère qu’il le ressent.  J’espère qu’il se réveille bien.  Je me rendors.
Je me réveille.  Le chat miaule.  Je souris.  Il est huit heures.  Je pense je t’aime encore, puis je me lève.  Je tourne autour de mon ordinateur.  Est-ce que je devrais lui écrire?  Ce n’est pas raisonnable, je le vois ce soir.  Je peux attendre.  Je vais déjeuner.  Je me dis que je vais faire du lavage, mais en chemin je croise l’écran vide de mon ordinateur.  Ce soir, je le vois.  Je souris, me dirige vers la chaise, ouvre mon écran…  Il y a une fenêtre déjà ouverte.  J’essaie de ne pas lui écrire depuis le matin.  Finalement je cède.  Quelques mots,  pas plus.
J’ai hâte de te voir.  Et d’autres encore.

Jun172007

Les taons, les abeilles et toutes vos leçons (texte original repris du 9 mai 2006)

Quand j’étais jeune, je ne me méfiais pas vraiment de la proximité avec ce petites bêtes. Mais la vie m’a appris à me méfier. Je me souviens très bien. Un jour nous étions assis, moi et mes amis. Il y avait un taon. Je l’avais remarqué. Une espèce de gros bourdon qui semble avoir augmenter sa taille depuis quelques années (ça aurait pourtant du être le contraire, puisque je suis plus grande!) se promenait dans l’herbe verte. Je m’étais néanmoins assises avec mes amis. Nous étions en cercle. À un moment, fatiguée d’avoir le dos droit, j’avais posé mes mains sur le sol, derrière moi, afin de pouvoir me pencher vers l’arrière. Mauvaise idée. Une douleur bizarre me fit lever la main et la regarder. Je crois que c’est quand j’ai aperçu cette chose grouillante accrochée à mon doigt que j’ai vraiment eu peur. Il n’y a rien, et je dis bien rien, que je déteste plus que quelque chose accrochée ou collée à moi sans que je ne l’ait voulu auparavant. Ça s’applique même aux êtres humains! Donc enfin, ce jour-là, pour me débarrasser de l’insecte, j’avais frotté ma main sur l’herbe. La bestiole gisait sur le sol et mon doigt était rouge. Une amie me suggéra immédiatement d’aller voir sa mère au cas où le dard était resté coincé. Réticente, j’obéis tout de même aux ordres de mes amis qui me disaient que j’allais mourir si on n’auscultait pas ma blessure. Quelques minutes ou peut-êtres quelques heures après avoir attendu la mère de mon amie en me faisant suggérer deux millions de remèdes plus idiots les uns que les autres pour mon doigt qui gonfflait, celle-ci se pointa enfin. La dame, une infirmière, me palpa le doigt. Un violent haut le coeur me pris, mais je dis que ca ne faisait que mal. On me dit que le dard n’était pas là, que tout était en ordre, mis à part cette petite enflure, qui, heureusement, n’était pas assez grande pour susciter l’inquiétude…

Enfin bref, depuis ce temps-là, je déteste les bourdons.

Et après ce fut les guêpes. Cette fois-là, ça avait été sournois. Une attaque dont je ne me doutais pas. Je cueillais des bleuets quand tout à coup, une douleur à la jambe. Surprise, je me suis penchée et encore une putain de bestiole accrochée à ma peau. Et on m’avait toujours dit qu’il fallait faire quelque chose à la guêpe pour qu’elle nous pique! Mais je n’avais rien fait, j’étais immobile, à seulement arracher des bleuets avec mon amie qui elle, bien sûr, ne s’était pas fait attaquer…
À ce moment là, je pense que je me suis décidée à me méfier de tout ce qui était coloré jaune et noir.

Mais la troisième bestiole allait me laisser perplexe…

J’étais assise dans l’herbe (encore!) et je regardais mes frères jouer au base-ball. C’était plaisant, j’étais tranquille. Mais bien sûr un insecte affreux, noir (mais c’était quoi bordel?) me pique. Je veux dire… c’est pas les jaunes et noirs qui piquent en faisant mal? (J’exclue les moustiques que je sens à peine). Cette fois c’en était trop. Quand je ne fais rien ces idiots me piquent….

Alors oui, depuis ce temps là j’ai peur des bestioles. Particulièrement des guêpes et des taons qui viennent trop près de moi. Et chaque fois quelqu’un me dit “mais ne panique pas, c’est pas bien d’avoir peur…” Bein moi je leur dis que si ça leur fait rien (c’est moi qui m’humilie après tout??), ils devraient se la fermer.
Pis en plus nommez moi une personne qui ait peur de rien… Moi c’est les insectes. TOUS. Sauf les papillons. Et les fourmis. Ça m’écoeure et je veux pas les voir. Qu’ils restent sur le gazon, je reste sur ma galerie. c’est tout.

Jun82007

Lui

Ça fait un moment que je le connais.  Sept ans, en fait.  Je me souviens parfaitement de ma première impression.  Il n’était pas en face de moi, il était prétentieux.  Ce n’était qu’un courriel, mais je sais que je l’avais trouvé culotté de s’adresser à moi - à nous - ainsi.  Puis j’ai appris à le connaître.  Nous avons échangé des mots, nous nous sommes dit “je t’aime”.  Nous étions fous.  Nous le sommes encore.
C’est un soir qu’il est venu me voir en personne pour la première fois.  Le soleil n’était pas très haut, parce qu’il s’apprêtait à se coucher.  Sa silhouette s’est présentée à moi en premier.  Il n’était pas énorme, plutôt moyen avec des cheveux sombres, longs et un visage dont je me suis toujours souvenu.  Je lui ai ouvert la porte de l’automobile, il est monté. Pendant tout le trajet, nous n’avons pas parlé.  Ou en tout cas, je ne m’en souviens pas.
Arrivé chez moi, je l’ai emmené dans la chambre de mes frères.  Un endroit neutre.  Lui sur un lit, moi sur un autre.  Puis ma bouche s’est ouverte, a débité tant de mots, tant de paroles… Je n’ai jamais autant parlé que cette soirée-là, tandis qu’il m’observait de ses beaux yeux bruns qui n’allaient plus jamais me quitter.  On aurait dit que je voulais qu’il connaisse tout.  Mais on ne peut pas tout dire en un soir…
Je ne me souviens plus du moment où nos lèvres se sont rencontrées pour la première fois.  Je sais seulement qu’il me l’avait demandé.  Encore aujourd’hui, ça me fait rire, parce que j’avais si peur de ne pas savoir comment.  En réalité, nous ne savions peut-être pas…  Mais ce moment reste dans ma tête une douce réminescence.

La suite… elle n’est pas importante.  Vous la connaissez un peu, en fait.  Je suis avec lui, à nouveau, depuis un mois maintenant.  Il a le même regard qui m’avait autrefois hypnotisé, sauf que cette fois-ci je n’ai pas peur de m’y noyer.  Toute la beauté du monde, elle est là, dans son regard tendre et expressif.  Elle est aussi dans son sourire, dans ses lèvres retroussées que j’aime tant embrasser.  Puis il y a son sens de l’humour, son côté avenant…quand je vous dit que j’ai le meilleur amoureux du monde, c’est vrai.  C’est le mien, ma moitié.  (Ça fait quétaine, dit comme ça, hein?)  Mais non, c’est lui que je veux, que j’ai toujours voulu dans mes rêves.  Hier il me demandait comment je l’aimais.  Et bien je t’aime comme ça, Éric.  Je ne te fais pas de promesse, comme tu ne m’en fais jamais, mais ce que je veux te dire, c’est que ta place dans mon coeur, elle est là pour rester…  Tu es mon ami et mon amour.  Je ne veux pas que ça change.  Jamais.  On verra bien ce qui va arriver, mais moi j’ai confiance que nous puissions vaincre toutes les difficultés avec un peu d’humour et de négociations. C’est pour ça que parfois, je me surprends à nous imaginer, vieux et séniles, main dans la main, encore amoureux…

(Euh…ouain, ce n’est pas très romantique comme image, hein?  J’ai fait exprès! ;))