Jun82009

L’école l’été…

J’imagine..

Il fait soleil dehors. Les masses croulent sous la chaleur, suffoquent en marmonnant qu’ils aimeraient mieux être à l’intérieur, sous l’air climatisé. Moi je suis dans une salle de cours et la ventilation ne fait pas défaut. Il fait même plutôt froid. Sauf que je vois les arbres se balancer mollement dehors, le vent agitant leurs feuilles et leurs branches. Le ciel est bleu, les nuages s’y promènent grassement. Bien sûr, j’apprends. Je ne fais pas que rêvasser!  Quoique…ayant déjà fini tous mes exercices, ayant révisé chaque question, je ne sais plus trop quoi faire pour passer le temps.

Je ne vais pas à l’école normale, vous voyez. Je suis en enseignement individualisé. Je peux aller à mon rythme sauf que…non. Si je finis le cours trop rapidement (ce que je fais trop souvent), je dois attendre d’atteindre 75% du temps sous peine d’être pénalisée. Loin de moi l’idée de me plaindre, sauf que j’aimerais au moins qu’on m’autorise à rêvasser quand tout est fini.

J’aimerais bien me promener dehors, moi. Suer, être fatiguée. J’aimerais profiter des rayons du soleil, du chant des oiseaux, du bruissement des herbes. Il y a tant de gens qui m’inspirent. Ils travaillent à l’extérieur, contre toute attente, courageux face aux 30 degrés qu’il fait à l’ombre.

Les rayons du soleil les agacent, les taquinent, les suivent alors qu’ils tentent de trouver, à chaque temps mort, un endroit où s’abriter. Mais il n’y en a plus!

Certains rêvent d’une piscine où ils pourraient plonger ou encore d’un lac près duquel ils pourraient lire et profiter de la brise.

Bon, ce n’est pas mon cas, n’en faisons pas un plat! Après tout, il y a bien des gens qui travaillent au lieu de traînasser sous l’été.

Oui, mais eux ils sont payés, ils pourront, après leur travail, goûter la satisfaction du devoir accompli, tout en savourant un verre (d’alcool ou pas) et en préparant leur repas du soir. Je ne peux même pas prétendre accomplir quelque chose, puisque je suis là, à attendre que les secondes s’égrènent parce que j’ai tout fait!

Mais patience…tu feras ça tout l’été! 

Il faut dire que je ne déteste pas tant que ça l’idée d’être enfermée la majorité de la journée. Après tout, j’apprends.  Normalement en tout cas.  Et puis je suis au frais. Tant de gens se plaignent que leur lieu de travail n’est pas climatisé de façon adéquate. Je suis chanceuse. Les oiseaux, les gens qui travaillent, qui marchent, qui courent, je les verrai vers la fin de la journée. La cloche sonne à quatre heures, ce n’est pas tard.

Quand il fera très chaud, en retournant chez moi, j’observerai l’air dégoulinant de sueur et d’humidité en me félicitant d’avoir continué à étudier l’été. Je passerai tout près d’un parc pour me désaltérer et laisser couler sur ma peau l’eau glaciale des jets d’eau, puis je reprendrai ma marche en savourant l’odeur et les couleurs des fleurs placées sur ma route.

Décidément, je ne regrette rien.

Quelle belle saison que l’été!

May172009

Les petites aventures de Garouk et Athéna épisode 1

Garouk et Athéna étaient suprise. Nous étions un beau dimanche après-midi d’avril et Émilie était couchée sur le lit.  Seule. Garouk se rapprocha tout doucement de sa maîtresse sur le lit, avec précaution.  Comme à son habitude, la petite chatte roula sur le lit en ronronnant.

- Ça va Émilie?

Émilie lui tapota la tête en lui disant qu’elle était une belle minoune.

- Tu vois, elle ne dort pas, elle est juste malade un peu, dit Garouk en se couchant tout près d’Émilie.

- Tu ne penses pas que tu devrais la laisser respirer, marmonna Athéna en accrochant ses pattes de devant sur le lit et en s’étirant?

- Mais je l’aimeeeeeeeeee, répliqua Garouk en se roulant et en tombant du ventre d’Émilie sur lequel elle s’était couchée.

- Mais elle est malade, marmonna Athéna en s’éloignant.  Je t’avertis, tu vas te faire tirer en bas du lit!

- Mais non, elle m’aime aussi, répondit Garouk en roucoulant et en essayant de grimper sur Émilie pour une deuxième fois.

Émilie rit et dit tout bas :

- T’es tannante Garouk.

Garouk roula, flattée par le compliment (car oui, Émilie lui disait cela en souriant) et retomba sur le lit, près de sa maîtresse. Elle resta près du corps assoupi de sa maîtresse qui avait glissé dans les bras de Morphée sans bouger, ou presque.  Sauf qu’à un moment, prise d’un élan d’amour et voulant à tout prix partager son intense ronronnement, elle tenta de grimper sur le ventre d’Émilie pour ensuite se diriger vers sa gorge ou elle posa sa tête tout doucement.

- GAROUK!! Je ne peux plus respirer, s’écria Émilie en se roulant sur le côté et en faisant tomber le chaton sur le côté du lit.

Tout près, Athéna couchée ouvrit les yeux et fixa sa soeur avec des étincelles amusées dans les yeux :

- Je te l’avais dit que tu te ferais tirer en bas du lit.  Tu es vraiment trop collante, Garouk!

- Ah la ferme, miss parfaite, marmonna le chat tout gris en s’éloignant, la queue et la tête haute.

Et Athéna de grimper sur le lit, tout près des pieds endormis de sa maîtresse d’un air satisfait.  Sa soeur ne serait plus là pour la déranger. Émilie et elle pourrait dormir tranquillement maintenant…

Dix minutes plus tard, Émilie se réveilla et s’étira. Ce fut Athéna qui reçut le coup et se retrouva sur le plancher. Garouk était près du lit, sur le sol et elle fixait sa soeur d’un air triomphant :

- On dirait bien que toi aussi tu te fais tirer en bas du lit, miss parfaite…

Athéna alla se jeter sur Garouk pendant qu’Émilie se réveillant tranquillement. Cette dernière saisit ses deux chats, un dans chaque main, et leur dit :

- Je vous aime mes minounes!!

Apr222009

Émilie et ses cours

Pour vous expliquer brièvement, j’ai un nombre d’heures limitées pour chacun de mes cours. Par exemple 90.  Il faut donc que je fasse le cours en moins de 90 heures si je veux le passer.

Ceci étant dit, voyons comment je réagis quand je commence un nouveau cours :

Émilie prend le plan de cours que le professeur lui tient et la liste de tous les travaux.

- Merde, merde, je n’aurai jamais le temps. Il faut que je me dépêche!!

Et quelques secondes plus tard, elle entend quelques élèves arrivés dans le cours avant elle :

- J’y arriverai jamais, il va falloir que je reprenne le cours au complet, il me reste trois heures et je n’ai pas fini tous les exercices!

Et moi de penser :

- YAAAAAAAAAAHH!  Je vais le couler c’est sûr, si elle (la personne que je ne connais pas, mais qui panique en face de moi), elle ne le passe pas!

Bien sûr, je commence sur les chapeaux de roue et j’ai l’impression de ne rien comprendre.  Puis, dans le milieu du cours, je commence à tout maîtriser le contenu du cours et les choses avancent.  Elles avancent drôlement vite d’ailleurs.

Et c’est ainsi, qu’à chaque cours, j’arrive à la maison en disant à chéri :

- Je suis trop en avance dans mon cours, je ne sais pas ce que je vais faire pour atteindre le 75% de mon temps et faire l’examen…

Éric, chaque fois, se met à rire et puis il dit :

- Toi là….

D’un ton pas vraiment menaçant.

Que voulez-vous?  On ne se change pas! ;)

Apr142009

La correspondance d’affaires (mal?) comprise par Émilie

Les règles de la correspondance d’affaires :

Mettre un nombre de retour déterminés un peu partout à des endroits plus ou moins logiques.

Ajouter de la symétrie ça et là de sorte que ça soit beau.

Remplacer les phrases négatives par du positif.

Aligner le texte sur la marge de gauche en tout temps, ne pas justifier sauf si l’entreprise le demande, placer la date et la signature au milieu de la feuille, pas plus pas moins quand il s’agit d’une lettre à deux ou trois alignements et ne faire que des retraits lorsque c’est une lettre à trois alignements.

Le style est à proscrire, sauf s’il polit la lettre.

Il faut faire des coupures de mots de sorte que le tout soit beau et que tous les espaces soient égaux dans la mesure du possible. 

Il faut commencer par une majuscule les titres sauf les petits titres (comme comptable, par exemple) ou lorsqu’on parle de soi-même.

Dans la correspondance, les gens ont tendance à mettre des anglicismes partout, par exemple : il me fait plaisir de…  Ce n’est malheureusement pas permis non plus.

Il ne faut pas oublier, aussi, que la date doit être précédée du “Le” comme dans “Le 14 avril 2009″.

C’est ce que j’en ai compris jusqu’à maintenant en tout cas et…bien ça demande de l’adaptation, hein! 

Je vais y arriver! :)

Apr22009

Poisson d’avril!

J’ai fait croire à mon frère Jean que j’avais oublié sa fête hier en ne lui souhaitant pas bonne fête…  Avouez que j’ai le tour de faire des poissons d’avril surprenants!  Quoi qu’il en soit, je répare aujourd’hui mon erreur (?) en lui souhaitant ici (qui sait, peut-être qu’il me lit encore!) un très bon anniversaire.  Ce n’est pas parce que je ne le vois jamais que je pense pas à lui!

Et c’est la même chose pour ma famille (hein papa, hein maman?).

Caline que j’ai hâte de vous voir! :)

Mar252009

Mon voisin est un katamari

Bon, les objets ne lui collent pas dessus comme un vrai katamari, mais il agit pareil.

En effet, je suis presque certaine qu’il déboule les marches plutôt que de les descendre, qu’il roule sur les murs et qu’il essaie de passer par-dessus les différents objets de sa maison sans les contourner.

Comment je sais ça?

Eh bien…le son que ça fait quand il descend les escaliers…ce n’est pas normal.  On dirait qu’il déboule ou qu’il roule.  Et puis parfois, la maison tremble et j’ai l’impression que quelqu’un en bas roule (non, il ne marche pas!) sur les murs avec plus ou moins de difficulté.  Alors je me suis penchée sur le fait que mon voisin ressemble au prince dans le jeu Katamari et j’en suis venue à la conclusion que c’était tout simplement lui!

Mar192009

L’autobus

Nos fidèles félins, Athéna et Garouk, sont à leur poste, près de la porte que leur chère maîtresse, Émilie, leur a laissé ouverte.  Athéna est debout et sur le point de franchir le pas de la porte.  Garouk, elle, semble hésitante.

- Athéna?

- Quoi?

- J’ai peur.

- De quoi?

- De dehors…

- Pourquoi?

- Bein il y a plein de sons inquiétants!

Et Athéna de s’esclaffer en franchissant finalement le pas de la porte.

- Tu es tellement peureuse, Garouk!  Tu as même peur des oiseaux que tu veux pourtant chasser quand t’es à l’intérieur de la maison!  Tu n’as aucune cohérence féline!

Plein de grâce, Athéna s’éloigne, la tête haute.  Émilie est assise sur la balançoire au soleil, tout près du grand arbre qui lui fait des dessins sur le visage et puis des oiseaux qui voltigent tout autour.

- Athéna, sussure Émilie, viens ma belle minoune!

Athéna s’avance.  Un peu plus loin, Garouk observe avec envie sa soeur.  Elle aimerait bien être dehors elle aussi, mais tous les sons lui font si peur…

- En plus il y a un monstre dehors, dit Garouk pour attirer l’attention.  Tu sais, tu ferais mieux de faire attention!

Athéna se tourne vers Garouk :

- Tu dis n’importe quoi.  Je n’ai peur de rien moi!

- Garouk, tu viens dehors, demande alors Émilie?

- Non…non, sans façon, répond spontanément Garouk. Je…j’aime mieux rester en-dedans!

Athéna ricane.  Émilie est déçue : elle voulait faire plaisir à ses deux chats en ouvrant la porte.

Tout à coup, le bruit soudain d’un moteur déchire l’air : un autobus.  Aussitôt, effrayée, Garouk s’éloigne de la porte et Athéna, contaminée par la panique peut-être, ou tout simplement aussi peureuse que sa soeur, retourne à l’intérieur à toute vitesse.

- Hahahaha! Madame qui n’a peur de rien s’est enfuie, crie Garouk remit de sa frayeur.

- Ferme-la, marmonne Athéna en sautant sur sa soeur.

- Non, jamais, ricane Garouk en la mordant.

Émilie entre dans la maison, voit ses deux minounes en train de se battre et s’esclaffe :

- Vous êtes trop mignonne mes deux petites peureuses!

DING DONG!

- AAAAAAAAAAAAHHHHH, hurle Émilie.

- Bonjours mes trois petites peureuses, s’exclame Éric en montrant fièrement le doigt avec lequel il a appuyé sur la sonnette.  Je suis de retour!

Mar42009

Liste de choses à faire par le corps d’Émilie

1. Ne pas attrapper un rhume.   Checked! Checked! Checked!

2. Ne pas attrapper une grippe.   Checked!

3. Ne pas attrapper une sinusite.    Checked!

4. Ne pas attrapper une bronchite.    Checked!

5. Ne pas trop réagir à la pénicillin vu qu’Émilie n’est pas encore au courant qu’elle est allergique.    Checked!

Bah, les virus ça trafiquent toujours les feuilles de tâches du corps!  Je suis encore sous antibiotique.  Sans pénicillin cette fois!

Mar22009

Quand personne ne dort!

- Émilie est encore réveillée!

Athéna lève son nez et, tout en baillant, demande :

- Qu’est-ce que ça fait?

- Je vais être obligée de dormir moins.

Garouk, tout en disant cela, s’éloigne dans la direction qu’Émilie a prise. Athéna saute à terre pour les rejoindres.  Leurs quatre pattes sur le plancher font un bruit si léger qu’on les entend à peine.

- Tu peux dormir la journée, réplique Athéna.  Et puis ce n’est pas comme si tu étais obligée de suivre Émilie ou d’aller la voir.

- Premièrement, je dors déjà la journée.  Je ne peux pas dormir plus!  Deuxièmement, je ne peux pas m’empêcher d’aller voir Émilie, je l’aime tellement!  Il faut absolument que j’aille ronronner à côté d’elle!

- Tu es trop dépendante, rit Athéna.

Et tout en disant cela, les deux chats suivent Émilie jusqu’au divan où elle prend place pour somnoler.

- L’insomnie, marmonne Émilie…

- C’est quoi de l’insomnie, Athéna, demande Garouk?

- C’est quand on ne dort pas parce que notre corps ne veut pas.

- Je fais donc de l’insomnie en ce moment, miaule Garouk, abasourdie par la révélation!  C’est ça l’explication…

- Tu te rendors déjà, constate la soeur en voyant Garouk se placer confortablement sur le divan, les yeux fermés.  Ce n’est pas cinq minutes qui vont faire de toi une insomniaque!

- Chut mes minounes, ordonne Émilie en secouant la tête et en caressant le cou de Garouk.  Papa dort!

C’est alors que la porte de la chambre s’ouvre.

- Ça va Émilie?

- Je ne dors pas…

-Moi non plus, marmonne Athéna.

- Moi je suis insomniaque, ronronne Garouk les yeux à moitié fermés.

Éric s’assied près d’Émilie pour lui flatter les cheveux et dans la pièce, tout à coup, on entend trois ronrons bien distincts qui peu à peu se transforment en sommeil…

Feb192009

La jeune fille qui contrôlait le monde

Elle construisait le monde avec ses mots.

Sauf qu’elle ne le savait pas.  Avec son sourire, avec sa moue, avec sa colère même, elle pouvait donner naissance au bonheur ou alors confirmer la tristesse, la propager même.  Aussi, plusieurs personnes l’entouraient afin qu’elle ne soit pas malheureuse.  Une seule larme d’elle pouvait noyer la population d’un pays entier.  Un seul regret, une seule condamnation pouvait faire plus de dégât que les milliers de déchets nucléaires enfouis dans le sol.

Un jour vint pourtant où plus personne ne suffisait à étouffer sa peine.  Le magicien Éli, la sorcière Samala et même ses parents, ses frères, ses soeurs, ses amis, tous étaient devenus inutiles, impuissants.  Ils réussissaient bien à la faire sourire de temps en temps, mais ses yeux devenaient de plus en plus vague, sa bouche de plus en plus rêveuse.  Une moue occupait son visage et les nuages flottaient dans le ciel plus souvent qu’autrement.

Ceux qui étaient au courant du pouvoir de la jeune fille furent inquiets.  Les autres ne crurent à rien, car il n’y avait ni culte ni espoir en ce monde et puis, c’était tout juste des nuages!  On ne s’inquiéta donc pas du changement subtil du ciel, de l’air, de l’atmosphère.

Un jour que l’amie de la jeune fille s’inquiétait plus que les autres jours, elle s’approcha d’elle, chose que personne n’osait faire de peur de froisser leur dieu, et lui demanda ce qu’elle avait.

La jeune fille soupira.

Une partie des feuilles d’un pays voisin s’envolèrent sous le coup d’une rafale surprise.  Les autorités se demandèrent comment il se faisait qu’un coup de vent aussi puissant se soit créé de rien.  La sorcière et le magicien savaient.  Ils étaient tous deux occupés à recueillir et à compiler les changements brutaux.

- Il y a, annonça finalement la jeune fille, que je ne suis rien.

- Ce n’est pas vrai, s’inquiéta l’amie en s’approchant et en jetant un peu partout des coups d’oeil inquiets.

Le ciel était devenu gris et semblait vouloir avaler tout ce que le monde contenait.

- Bien sûr que si, soupira la jeune fille.

Une ville au complet fut rasée.

- Non.  Ça ne me sert plus à rien d’exister.

Sur ces mots, la sorcière et le magicien apparurent.  Éli avait le visage troublé et sombre.  Samala semblait avoir acquis quelques cheveux gris, elle si jeune que même les nouveaux-nés lui enviaient sa beauté.  Ils firent signe à la jeune amie de partir, car, c’était évident, elle ne faisait rien de bon.  Dans peu de temps, la terre entière serait engloutie dans le néant du questionnement existentiel de la jeune fille.

- Élodie, murmura prudemment Samala.  J’aimerais savoir ce qui te trouble assez pour te faire penser ces absurdités.

- Ce n’est pas absurde, s’écria la jeune fille que l’on venait de nommer Élodie.  L’existence en elle-même est absurde!

Les arbres disparurent.  Les oiseaux se turent, car ils n’existaient plus. Chacune des espèces vivantes de la petite planète s’en allaient comme si elles n’avaient jamais existées.  Dans la brume opaque qui auparavant était le monde, il ne restait plus que Samala, Élodie, Éli et quelques autres rares humains.

- Je t’en prie, cria Éli plus fort qu’Élodie ne l’avait fait.  Cesse de penser ainsi ou alors ton existence n’aura vraiment plus de sens!  Tu fais disparaître le monde entier rien qu’avec cette pensée!

- Ce n’est pas moi qui fais cela, répondit la jeune fille effrayée.  Cette grisaille a toujours existée.

Mais le ton était chancellant.  Certains éléments, parfois, réapparaissaient puis disparaissaient à nouveau.  Éli avait compris une chose.  Jusqu’à maintenant, ils avaient eu tout faux.

- Tu es importante pour moi, murmura-t-il.

- Je te fais peur, c’est tout, répliqua la jeune fille.

- Jusqu’à maintenant oui, et je m’en excuse.  Mais aujourd’hui, peu importe ce que tu veux ou ce que tu dis, je suis avec toi.

- Et moi aussi, dit calmement Samala qui avait compris l’idiotie que tous avaient commises.  Alors ne t’en fais pas, tu ne seras pas seule , à moins que tu ne le décides.

Élodie eut un sourire.  Elle les croyait un peu.  Quelques arbres réapparurent.  Quelques êtres qui étaient disparus de sa mémoire, se mirent à revivre.

- Et maman, et papa?  Est-ce qu’ils penseront comme vous?

Le magicien et la sorcière s’apprêtèrent à répondre, mais deux voix qui ne formaient plus qu’une seule répondirent à leur place :

- Nous n’avons plus peur, car nous savons que c’est nous qui te donnait ce pouvoir, Élodie.  Tous ensemble, nous faisions ce que nous t’accusions de produire.  Toutes ces catastrophes, c’était nous…

Le ciel et la terre réapparurent.

- Nous craignions le pire pour tout sauf pour toi.

Élodie eut un vague sourire et le soleil revint enfin.

À partir de ce jour, plus rien d’inhabituel ne suivit les humeurs changeantes de la jeune fille.

Quant à Éli et Samala, ils continuèrent de faire de la magie, parce qu’ils savaient la contrôler.  D’ailleurs, ils composèrent un jour un sort qu’ils appelèrent l’arc-en-ciel et qui faisait sourire ceux qui savaient en trouver les trésors.  Parce que bien sûr, il n’y en avait pas qu’un.

Texte composé par moi en février 2009.